Nov. 2011

Les 35 milliards d'euros financés par le Grand Emprunt pourraient bien doper la croissance de l'Alsace dans les prochaines années. Rappelons-le, cette manne sera allouée à des chantiers prioritaires, au rang desquels figurent l'enseignement supérieur et la recherche. L'Etat souhaite notamment investir 3,5 milliards dans une politique de valorisation, visant à amener les travaux des laboratoires vers les applications industrielles, et 2,5 milliards dans le domaine de la santé et des biotechnologies.
Pour l'Alsace, l'opportunité est historique, et pour cause ! Depuis plus de dix ans, la région parie sur le développement d'une filière Santé et Sciences de la vie, avec comme belle marque de reconnaissance le label « Pôle de Compétitivité mondial Santé » décerné par l'Etat. Il faut dire que l'Alsace ne manque pas d'atouts dans ce domaine avec des entreprises de renommée comme Lilly, Millipore, Sanofi Aventis, Transgène, Siemens, PolyPeptide Group... et des institutions qui comptent, avec la Pharmacopée européenne et la Fondation européenne pour la Science. Quant à l'université, la notoriété de scientifiques remarquables comme le Pr Jean-Marie Lehn (prix Nobel de Chimie) et le Pr Pierre Chambon (prix Lasker) n'est plus à faire. Celle de l'IRCAD fondé et dirigé par Jacques Marescaux également.
Depuis 2008, l'ensemble de ces acteurs publics et privés oeuvrent ensemble dans une logique de filière, sous une seule marque : Alsace Biovalley. Mieux, l'outil précurseur, élaboré à la fin des années 90 par les collectivités et la Région Alsace, a fusionné avec le pôle de compétitivité.
C'est précisément sous l'égide d'Alsace Biovalley que l'Alsace a répondu aux appels d'offres lancés par l'Etat dans le cadre du Grand Emprunt national. Parmi tous les projets déposés, il en est quelques-uns qui pourraient - s'ils sont retenus - hisser l'Alsace au niveau international dans les domaines universitaire et de la santé. Le plus emblématique d'entre eux est sans doute celui de l'IHU (Institut Hospitalier Universitaire).
Cette plate-forme de soins, de recherche et d'enseignement est construite autour de l'IRCAD. Son projet scientifique ? La chirurgie mini-invasive assistée par l’imagerie et la sphère abdomino-pelvienne. Cet IHU, articulant université et hôpital, représente un enjeu majeur pour l’Alsace. Directeur général d’Alsace Biovalley, Nicolas Carboni, nous l’explique. « D’abord, de tous les pôles de compétitivité Santé, le nôtre est le seul qui intègre les technologies médicales. D’autre part, avec et autour de l’IRCAD, nous bénéficions du leader mondial incontesté dans le domaine des technologies mini-invasives. Et c’est pour nous un atout incroyable ! » Le chef de l’Etat accordera ce label IHU à cinq centres d’excellence au maximum. « La compétition est très rude mais nos chances d’autant plus raisonnables qu’à notre connaissance, la candidature alsacienne est la seule qui porte sur l’acte chirurgical » estime Nicolas Carboni.
Recherche et industries, avec et autour de l’université
L’autre grand projet, qui sollicite un financement du Grand Emprunt, concerne la création d’un technoparc situé au pied du Nouvel hôpital civil de Strasbourg, la structure hospitalière désormais la plus moderne de France. L’idée consiste à bâtir des infrastructures d’accueil pour des entreprises oeuvrant dans le domaine des technologies médicales, attirées par la proximité des praticiens, des patients et des chercheurs. On peut, dans cet esprit, évoquer le projet du Centre d’imagerie moléculaire réalisé en partenariat avec l’hôpital, l’Université, l’Institut génétique de biologie moléculaire cellulaire, General Electric et des industriels pharmaceutiques. Si ces projets se structurent autour du développement de la filière Sciences de la vie et Santé en Alsace, ils conjuguent tous la recherche et l’innovation du secteur hospitalier et universitaire avec l’activité des entreprises.
Or, la France veut non seulement inscrire la recherche publique au coeur du développement économique mais aussi autour de quelques grands campus universitaires d’excellence. « Et il se trouve que tous nos projets impliquent l’université car la filière Santé représente son premier débouché. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « 8 milliards serviront à faire émerger 5 à 10 campus d’excellence ayant les moyens, la taille critique et les liens avec les entreprises qui leur permettront de rivaliser avec les meilleures universités mondiales », annonçait le chef de l’Etat. Pour Nicolas Carboni, l’Alsace décrochera tout ou rien. « Dans le cas du tout, on aura le campus d’excellence en plus ! »
Réponse au cours du premier semestre 2011.
Anne Herriot
ALSACE BIOVALLEY / www.alsace-biovalley.com
Source : www.alsace-métropole.eu • été 2010
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