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Aide à la reindustrialisation

Déc. 2010

La relocalisation d'activité un phénomène en développement

De plus en plus d'entreprises françaises étudient la relocalisation en France d'activités industrielles délocalisées en Asie, à l'Est de l'Europe ou sur les pourtours de la Méditerranée.

Au début des années 2000, conséquence d'une politique industrielle peu favorable aux activités manufacturières, les entreprises pâtissent de contraintes sociales, fiscales et environnementales qui grèvent leur compétitivité à l'exportation tout comme sur leur marché national. La solution, et la survie de nombreuses entreprises, est de faire fabriquer dans des pays où la main d'oeuvre est bon marché. Aujourd'hui, toutes les entreprises ne sont pas satisfaites du résultat et certaines reviennent en France. Le phénomène est encouragé par le gouvernement qui a lancé une aide à la relocalisation d'activité dans l'industrie et budgété 200 M€ sur 3 ans.

L'analyse des risques liées aux délocalisations, s'appuie sur une expérience de quelques années. Un premier constat montre que elles ont généré des gains sur les coûts de revient des productions, elles ont prouvé leur limite. Les chefs d'entreprises invoquent les écueils et les coûts cachés induits :

  • une qualité de production trop variable,
  • des délais de fabrication et de livraison non maîtrisés,
  • des erreurs de fabrication,
  • des commandes portant sur de gros volumes,
  • le non-respect des normes et des cahiers des charges,
  • des coûts de transport en forte augmentation,
  • la complexité de gestion des flux internationaux et des stocks,
  • des risques de contrefaçon,
  • l'augmentation des coûts de revient surtout en Asie avec une réduction de l'écart salarial et une augmentation des contraintes (environnement)
  • des relations client / fournisseur difficiles
  • une main d'œuvre insuffisamment qualifiée ....

Les entreprises qui n'ont pas trouvé leur compte en délocalisant leur activité sont celles qui ont mal évalué les conséquences de leur décision et/ou qui n'ont pas développé un marché local ou à proximité du pays hôte. Une stratégie de délocalisation uniquement fondée sur le coût de revient de productions exportées vers les pays occidentaux ne peut être durable.

La décision de revenir en France ne se fonde pas uniquement sur les coûts de fabrication mais vise à améliorer le service rendu aux clients et une plus grande réactivité face aux demandes. Pour nombre d'entreprises, la production en France redevient un atout en termes d'innovation, de protection de la propriété intellectuelle et un gage de qualité. La cerise sur le gâteau serait la création d'un label "Made in France" qui donnerait un avantage concurrentiel aux productions nationales.

L'une des mesures issue des états généraux de l'industrie, vise à encourager la relocalisation d'activité à travers le dispositif "d'aide à la réindustrialisation". Il s'adresse aux entreprises ayant un projet d'investissement industriel contribuant par son ampleur (plus de 5 M€) et son potentiel économique à l'industrialisation de la France et à la création d'emplois (au moins 25 postes). L'objectif est de favoriser la localisation compétitive en France des outils de production et de R&D, des PME/ PMI et ETI. Les projets doivent être réalisés dans un délai maximum de 36 mois. Consulter les caractéristiques du dispositif et les conditions d'éligibilité.

 lien: http://www.industrie.gouv.fr/egi/aidereindust/CdC-ARI.pdf

Parmi les entreprises qui sont revenues produire en France :

  •  Le lunetier Atoll reste le précurseur quand en 2005 - il relocalise une partie de sa gamme,
  • les Taxis bleus ont pâti de l'implantation de leur centre d'appel au Maroc,
  • Smoby, victime de fabrications déficientes, a réinstallé ses usines dans le Jura,
  • Rossignol a transféré une partie de sa production de Taïwan en Haute-Savoie et créé 20 emplois ,
  • Mobiky de retour de Chine s'implante en Normandie et table sur 45 à 50 recrutements en 2011,
  • Kindy prépare la relocalisation de ses gammes chaussettes techniques sur son site dans l'Oise,
  •  la fonderie Loiselet va investir dans des machines qui permettront à leurs fabrications françaises d'être aussi performantes que leurs fabrications chinoises grâce au fonds d'industrialisation. Elle envisage l'embauche d'une centaine de personnes,
  • dernier en date, le développeur, fabricant et distributeur de dispositifs d'éclairage à LED, LedPower délaisse la Chine pour la Sarthe. Cette société a opté pour la France principalement pour des raisons logistiques (gestion des stocks, délais de livraison et réduction de l'emprunte carbone des produits en provenance de Chine) et l'accès à un "contrôle qualité" beaucoup plus performant. 10 personnes sont recrutées, 10 autres sont prévues. 

En créant plus de 2 000 emplois d'ici à 2015, les relocalisations devraient contribuer à revitaliser les régions françaises en difficulté.

VINCENT Patrick





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