Déc. 2010

Président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin (et du service Export des CCI d'Alsace), Jean-Louis Hoerlé souligne le potentiel du marché chinois et incite les entreprises à s'implanter localement. Entretien.
L'équipe Export des CCI d'Alsace est très active dans la promotion du marché chinois auprès des entreprises d'Alsace...
Qui peut ignorer aujourd'hui ce gigantesque marché qui tire la croissance mondiale ? La Chine est devenue le premier exportateur mondial en 2009, mais on ne dit pas assez qu'elle est aussi le deuxième importateur mondial.
La Chine dit qu'elle veut rééquilibrer sa croissance en s'appuyant davantage sur sa consommation intérieure. C'est une bonne chose. Cela ouvre des perspectives immenses pour nos entreprises.
Que dites-vous aux entreprises qui s'intéressent à la Chine ?
L'Alsace s'inscrit dans une longue tradition de coopération avec la Chine. Notre région est notamment jumelée avec la province de Nanjing, dans le sud du pays. Nous ne sommes donc pas en terre inconnue. Mais la Chine est un marché à la fois lointain et exigeant. Et les démarches de prospection peuvent rapidement devenir très coûteuses.
Même à l'étranger, le compteur tourne. Pas question donc d'improviser !
Il s'agit pour l'entreprise, et notamment la PME, de bien cibler ses objectifs et d'adopter une politique d'investissement à long terme. L'implantation locale est une condition essentielle à la réussite sur le marché chinois.
Comment soutenez-vous les exportateurs dans leurs démarches ?
En Chine, ou ailleurs, nous accompagnons les exportateurs alsaciens dans le cadre de missions collectives de prospection. Notre objectif est de sécuriser au maximum la démarche de l'entreprise en menant un travail de préparation et d'identification du prospect. L'idée : défricher le terrain pour permettre à l'exportateur d'aller droit au but et de bien cadrer sa stratégie. Nos conseillers connaissent les pratiques des marchés et apportent aux entreprises une vraie valeur ajoutée.
Nous encourageons l'exportation, mais à l'inverse, nous pouvons dissuader une entreprise de se lancer si les conditions ne sont pas favorables. Les entreprises l'ont bien compris. L'an dernier, nous avons enregistré 238 participations à des missions diverses - prospection ou salons - à l'étranger, contre 153 en 2008.
Hormis la Chine, quels sont à vos yeux les débouchés prometteurs ?
Les marchés européens, où l'Alsace est historiquement présente et réalise plus de 60 % de ses exportations, sont plutôt atones. Je pense en particulier à l'Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ou encore l'Allemagne et l'Italie.
D'où la recherche d'autres débouchés sur des marchés émergents : le Brésil, la Russie, l'Inde, les pays du Golfe. Nous sommes aussi présents cette année en Côte d'Ivoire, au Ghana, en Afrique du Sud ainsi qu'au Liban, au Canada et à Singapour. A chaque fois, nous emmenons en moyenne une dizaine d'entreprises. Une manière de s'engager en force dans la bataille de l'export.
Vous annoncez une nouvelle organisation pour 2011...
En cohérence avec Ubifrance, les CCI d'Alsace ont, en effet, opté pour une réorganisation par secteur. Le but est de mieux répondre à la demande des entreprises en mettant à leur disposition des interlocuteurs dédiés à leur filière et dont l'action colle au plus près de leurs besoins et de leurs exigences. Cette réorganisation s'articule autour des secteurs les plus performants et des pôles de compétitivité de notre région : biotechnologies, matériaux, énergie, agroalimentaire, technologies numériques, mobilité. Tout au long de cette année, nous accompagnons ce changement avec des moyens importants tels que la formation des collaborateurs, les partenariats stratégiques, l'analyse sectorielle des territoires d'Alsace. L'objectif est de mettre en oeuvre début 2011 cette nouvelle approche du service à l'export.
Le réseau Ubifrance en ordre de marche
Depuis plus d'un an, le réseau de soutien des entreprises à l'export est en pleine mutation.
La plupart des missions économiques ont vu leur activité commerciale transférée à Ubifrance, devenu le bras armé du commerce extérieur français. Aujourd'hui, Ubifrance est présent dans 45 pays pour conseiller les PME qui souhaitent s'attaquer aux marchés étrangers.
L'agence est appuyée par les jeunes Volontaires Internationaux en Entreprises (VIE) et les Chambres de Commerce et d'Industrie. Son credo : donner tous les moyens aux entreprises d'aller chercher de la croissance à l'étranger si elles n'en trouvent pas en France.
Ubifrance - http://www.ubifrance.fr/
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